Stanislas[D] Invité
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Posté le: Ven Nov 02, 2007 8:21 pm Sujet du message: Stanislas, le début d'un empire |
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Une douce brise soufflait en cette soirée de printemps, amenant aux narines du Duc l'effluve des pommiers en fleur. Au loin, des paysans sifflotaient des airs joyeux en labourant ses champs pour les semailles.
Ah ! Comme il pouvait aimer Monts-Boisés ! C'était son duché, un endroit magnifique, aux saisons clémentes et à la terre fertile. Un endroit où il faisait bon vivre…
Stanislas observa une caravane d'émigrant approcher par le versant Ouest de la colline. Ils traversèrent le petit bourg et montèrent vers le luxueux manoir ducal, au sommet de l'élévation.
Le Duc se prépara à les accueillir en bonne et due forme. Il enfila son pourpoint cramoisi orné d'émeraudes et de dentelle, une cape noire cerclé de fils d'or blanc et déposa avec soin son chapeau à plume de paon sur sa tête.
Une fois qu'il eu fini de se vêtir, il se tourna vers son miroir et sourit.
Il avait l'air d'un roi. Ses longs cheveux d'un noir de jais ondulaient sur ses épaules, parfaitement peigné, personne n’aurait pu deviner qu’il s’agissait d’une perruque .Une fine moustache et un gracieux petit bouc ornaient son visage tel des joyaux. Une chaine en or pendait à son cou, soutenant une énorme émeraude entourée de rubis.
Le seigneur sortis de sa chambre et se dirigea vers le grand hall d’un pas décidé. Il s’attarda à peine sur les tapisseries anciennes et les portraits qui tapissaient ses murs de marbre gris.
Il jaillit comme une flèche dans la grand pièce haute de plafond qui tenait lieu d’entré à sa demeure. Une douzaine de gardes étaient déjà en place pour accueillir les nouveaux arrivants.
Comme à l’accoutumé, il devait s’agir de quelque nomades provenant du désert ou des montagnes et qui avaient été attiré par le climat exceptionnel de son domaine.
En effet, le duché de Mont-Boisé était une vallée, presque encerclé par les montagnes et traversé par une source d’eau souterraine qui gardait le sol humide et fertile à l’année. La vallée devait son nom à la grande colline verdoyante ou se dressait le manoir ducal. Un vergé il avait été planté des siècles plus tôt et la colline était donc recouverte presque entièrement de pommiers.
Cet ensemble d’avantages géographique conjugué avec l’éloquence du duc attirait irréversiblement les populations des alentours à s’installer.
Il accueillait rarement les immigrants en personne, laissant habituellement cette tâche à ses conseillez ou à son fils, Valdis. Mais aujourd’hui, il était de bonne humeur et avait envi de nouer avec le peuple une relation plus étroite.
Stanislas fut tiré de sa réflexion par l’arrivé des individus. Ils étaient habillés légèrement et avec plus de richesse que la moyenne, c’était probablement de riche marchand venue du désert plutôt que des immigrants.
Une femme magnifique, à la chevelure plus sombre que l’ébène et aux yeux d’un vert profond vint à sa rencontre. Elle semblait être la représentante du groupe d’une quarantaine de personne. Le Duc ne fut pas insensible à la beauté de la femme, son épouse était morte et enterrée depuis des années et cela faisait longtemps qu’il s’adonnait à de petites aventures avec des roturières. Une femme de cette trempe ne pouvait faire autrement qu’attiré son attention au plus haut point.
S’inclinant en écartant les bras en signe d’hommage à la beauté de son invitée, le seigneur prononça de sa voix la plus mielleuse :
« Bienvenue à Mont-Boisé Mademoiselle, je crois que mon identité ne vous est pas inconnue mais je vais tout de même me présenter. Duc Stanislas de Mont-Boisé, maître de ces terres et votre hôte pour la journée si vous me le permettez. »
C’était une invitation à diner à peine voilée par les formules de présentation. La jeune femme ne parue pas outrée et lui adressa un sourire plein de promesses. Elle s’inclina alors à son tour, laissant au Duc le loisir d’apprécier la profondeur de son décolleté.
« Je suis Naya Rivka, chef des Caravaniers du Sud, tous ses gens sont mes associés et fidèles amis. Nous sommes venus de loin pour voir de nos propres yeux cette vallée pleine de promesse dont parlent les voyageurs…et nous ne pouvons que constater qu’ils ne mentaient pas »
Elle marqua une pose, sa voix était douce et assez grave, elle dégageait un parfum de fleur de cactus. Elle prit un air innocent et se rapprocha sensiblement de Stanislas. Elle laissa son charme opérer encore un peu avant de continuer.
« J’ai… nous avons noué de bonnes relations commerciale avec de nombreux seigneurs, nous avons pensé pouvoir en attendre autant de vous…une collaboration fructueuse entre nous pourrai être très avantageuse…vous comprenez ? »
Naya minauda d’une voix envoutante ces derniers mots. C’est en remarquant que sa bouche était ouverte et pendante que le Duc réalisa ce qui ce qui lui arrivai. La caravanière tentait lui faire perdre ses moyens par la séduction afin de lui faciliter les négociations. Les autre marchands semblaient être habitués de la voir agir ainsi et ne laissaient rien paraître, mais les gardes ducaux, eux, avaient remarqués ce qui ce passait et étaient mal à l’aise.
Retrouvant ses moyens, Stanislas pris parole d’une voix ne laissant transparaître aucune émotion.
« En effet, ma chère, mais sachez que je me sens toujours plus ouvert à ce genre de proposition devant un bon repas. Ma chère, vous et vos compagnons êtes invités à ma table ce soir pour discuter plus en détail de votre proposition. »
À la mine que prit Naya, Stanislas comprit qu’elle savait que le seigneur n’était plus sous son emprise. Il ne s’agissait plus d’un diner en tête à tête mais d’une assemblé publique ou seraient présent nombre de serviteurs et de courtisans.
« C’est un grand honneur que vous me faites messire, nous prendrons par avec plaisirs à votre banquet. Pour l’heure, veuillez permettre que mes compagnons et moi même nous retirions jusqu’au repas. »
Le Duc adressa une courte révérence à la dame en guise d’acceptation et regarda la marchande sortir du manoir avec ses hommes. Observant avec délectation le balancement de ses hanches.
Deux heure plus tard, près de la moitier des voyageurs étaient attablés dans la grande salle du manoir. Décoré à l'excès, la pièce haute de plafond sentait la volaille marinée et les mets exotiques. Une table gigantesque ,couverte de plateaux de nourriture, en représentait la mobilier principal. Une cinquentaine de personne y prenaient place, une vingtaine était des membres des Caravaniers.
Durant le diner, les conversations allèrent bon train. Le Duc en apprenait de plus en plus sur la guilde des Caravanier. Elle avait, par exemple, un réseau commercial très étendu qui la rendait omniprésente dans de nombreux royaumes. Ils avaient presque le monopole du commerce du commerce de la soie et des bijoux, et transportaient la majeure partie de l’alcool dans le Sud. Leurs négociants achetaient des auberges, des échoppes et des marchés dans des régions innombrables, établissant des pactes avec les commerçants qu’ils ne réussissaient pas à affilier.
En homme d‘affaire avisé, le Duc flairait la réussite à des lieux à la ronde, et ses hommes et femmes en étaient un brillant exemple.
Une idée germa dans l’esprit de Stanislas, lui qui avait de solides bases commerciales et un sens politique affiné par des années de pratique pourrait tirer profit de cette entreprise autrement qu’en y investissant, il pouvait en prendre le contrôle ! Pièce par pièce, les éléments du puzzle se mirent en place, des compliments et des promesses alléchantes jaillirent de sa bouche tel une cataracte de manipulation, tordant les pensées des marchands pourtant loin d’être influençables. Seule Naya, dignement assise à l’autre bout de la table, comprenait à quel jeux le seigneur jouait. Mais sa langue ne pouvait rivaliser avec l’agilité de celle du Duc. En une seule soirée, le tiers des membres des Caravaniers du Sud devinrent de farouches partisans de Stanislas et de son ambition commerciale. Et peu des autres restèrent insensibles à ses commentaires éclairés.
Son discours avait fait entrevoir un océan de possibilités à ces négociants d’un habituel obtus.
Des émotions contradictoires se lisaient sur le visage de Naya, colère et déception se mêlant avec intérêt et exaltation. La marchande brulait aussi de rejoindre le Duc, de s’y allié, mais sa fierté l’en empêchait. Elle ne s’était pas laissé entrainer par les belles paroles du seigneur mais avait plutôt constaté la valeur du personnage. Un politicien et un orateur de talent, qui comprenait parfaitement les rouages du métier de marchand. Un allié précieux…Mais aussi un rival dangereux…
(À suivre)
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